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Autrui dans le monde des vivants

Editorial, 2

Un serveur de connaissances dédié à un triple auditoire

Au fil des séances du séminaire du Mercredi et des pages web qui viennent à l'appui, nous allons progresser sur trois voies très différentes mais dont nous espérons montrer qu’elles s’articulent ensemble de manière fructueuse pour chacun d’entre nous. L’animateur du séminaire et webmestre du serveur dédié lui-même poursuit son chemin sur ces trois voies à différents moments de ses recherches sur l’Inde et, à ses yeux, elles forment un tout, même si les trois paragraphes suivants correspondent, au sein du séminaire, à trois ensembles de préoccupations différentes pour trois auditoires différents:

• «L’Inde» est l’un des mondes avec lequel beaucoup de nos contemporains entretiennent des rapports existentiels forts. Nous nous attachons à décrire ce «monde» et nous réfléchissons sur les positions, les postures, les engagements qu’il suscite en Europe. Sur cette voie, nous disposons de deux grands ensembles d’analyse et de réflexion construits depuis quarante ans pour l’un (la Contre-Culture), depuis vingt ans pour l’autre (les Postcolonial studies) tant en Inde qu’en Occident.

• Nombre de sympathisants de Philosophindia.fr entreprennent des recherches sur des questions particulières liées à la philosophie dans l’Inde: sur la Déesse, sur la Forêt ou l'écologie militante, sur le Théâtre et la danse, sur l’Ayurvéda et les disciplines du corps, etc. A leur intention, la bibliothèque Ganapati s'enrichit sans cesse de textes classiques produits par des indianistes de notre temps: Madeleine Biardeau, Georges Dumézil, Louis Dumont, Charles Malamoud, Attipat K. Ramanujan, etc.

• Sur une voie plus abstraite et plus érudite, la philosophie dans l’Inde se définit pour nous de deux façons. D’une part il s’agit d’une vaste littérature, principalement en sanskrit, et d’une «Grande Tradition» déployée à travers l’histoire foisonnante d’innombrables écoles et disciplines de pensée depuis l’Antiquité. D’autre part cette littérature constitue, par rapport à la tradition philosophique occidentale, une alternative critique. Les modes de pensée sont différents, et c’est en cela que la philosophie dans l’Inde nous intéresse.

Je ne suis ni le spécialiste ni l’adepte d’aucune Pratique exotique ni Ecole particulière de philosophie indienne, bien que j’aie étudié plus particulièrement des textes d’Ayurvéda et de Nyâya. Nous ne prenons pas les textes comme point de départ. Nous n’adoptons pas, ni dans le séminaire du Mercredi ni sur le serveur dédié, les méthodes (explication de textes) et les objets (Ecoles ou périodes) qui ont généralement cours dans les enseignements de philosophie de l’Inde. Le tableau que nous voulons dresser de la philosophie dans l’Inde ne s’inscrit absolument pas dans les cadres de la vulgate enseignée depuis le XIXème siècle (les Six Darshanas, l’hindouisme et le bouddhisme). C’est par rapport à nous et aux préoccupations de notre temps que la philosophie dans l’Inde nous intéresse.