1 / Controverses nouvelles portant sur notre relation à la mort dans
le suicide et l'euthanasie
Bouddhistes et hindous croient en la réincarnation: la vie et la souffrance sur terre ne cessent pas lorsque meurt le corps. La mort d'un être humain termine effectivement la période pendant laquelle on peut le plus efficacement acquérir des mérites et améliorer son Karma, ce qui réduira la souffrance dans une réincarnation future. C'est pourquoi raccourcir la durée de vie, comme dans l'euthanasie, pour soulager la souffrance physique à court terme peut en réalité accroître la souffrance existentielle à long terme. Même les analgésiques, qui obnubilent la conscience ou provoquent un coma, bien qu'ils ne soient pas interdits, peuvent compromettre une bonne préparation à la mort.
C'est pourquoi il y a controverses sur la question de savoir si l'on peut accepter ou non le suicide et l'euthanasie.
Conflit bien connu en Occident entre deux positions. La première est vitaliste: la vie est une valeur absolue qui doit être préservée à tout prix.
La position inverse est celle qui privilégie l'autonomie du sujet vivant et la qualité de la vie: la vie n'a pas de valeur intrinsèque et il est légitime de l'interrompre quand sa qualité tombe au dessous du tolérable ou de l'acceptable. Ce conflit, dans le Bouddhisme comme dans l'Hindouisme, est pensé en fonction des intentions de celui qui agit. Nul n'est tenu de préserver la vie à tout prix, alors même que l'on ne doit jamais intentionnellement la détruire.
2 / Controverses classiques sur la relation de Soi à la naissance et la mort
renouvelées à propos de l'interruption de grossesse, du clonage
et des transplantations d'organes
Les controverses classiques en Asie à propos de l'identité de la personne humaine sont nées, il y a plus de deux millénaires, de la croyance dans «la roue» (le cycle) des réincarnations. Lorsqu'on réfléchit sur le respect de la Vie, dans le cadre d'une métaphysique ou d'une théologie de la réincarnation des humains dans des vies successives, on est confronté à la question de l'identité personnelle. Se conservera-t-elle ou non dans nos vies futures?
Ce qui introduit une différence de valeur entre le simple fait d'être en vie et la qualité d'une vie, c'est l'identité personnelle dont cette vie est le véhicule. Assigner à la vie une qualité qui la rend tantôt désirable, tantôt indifférente et tantôt intolérable, c'est implicitement penser la réalité ou l'illusion d'une identité et d'une perpétuation de Soi après la mort. Les controverses philosophiques qui se renouvellent aujourd'hui, autour des nouvelles pratiques et techniques médicales telles que l'interruption volontaire de grossesse, le clonage et les transplantations d'organes, reprennent sous d'autres formes les controverses classiques sur la réalité ou l'illusion d'une permanence de l'Âtman (le Soi) à travers la série de ses réincarnations dans l'hindouisme et le bouddhisme.
C'est sur ce point qu'il y a controverses entre hindous et bouddhistes, d'une part, et controverses avec les philosophes occidentaux suscitées par les nouvelles techniques médicales, d'autre part.
Eléments d'une bibliographie permettant une mise en perspective
à propos des nouvelles formes d'accompagnement de la mort
et des nouvelles techniques médicales
(Cette liste est délibérément partiale, biaisée et subordonnée à ma problématique personnelle)
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