La Terre de toutes les créatures
La Terre est le patrimoine de toutes les créatures vivantes dont la bonne administration est confiée au Roi, faiseur de pluie. Pour repérer les parallèles indiens de cette «éthique de l’environnement» dont nous partons, il faut analyser les conceptions traditionnelles du pouvoir royal et du rapport à la terre (tenures foncières, terroir, territoire). Une différence évidente mais secondaire, entre l’Inde et nous, est celle qui sépare nos conceptions de «l’humanité» (comme ensemble des humains morts, vivants et à naître — notion qui vient d’Auguste Comte), des conceptions hindoues du samsâra englobant tous les vivants «des dieux aux touffes d’herbes».
Le parallèle porte très exactement sur la bonne administration du patrimoine commun de l’humanité ou des créatures. «La Terre» dans le monde indien, c'est non pas la Nature (une catégorie de pensée occidentale), mais la Terre comme patrimoine commun des vivants. Nous devons nous déprendre d’une vision occidentale des choses (la Nature), pour voir exactement où se situe le parallèle (la protection d’un patrimoine commun).