Un lieu partagé
Dans l'hindouisme et le bouddhisme et dans certaines traditions philosophiques européennes telles que le stoïcisme, le rapport avec Autrui est conçu comme un lien social mais c'est aussi un ancrage dans un lieu partagé, le «sol», une biocénose.
Ce n'est pas l'individu humain que je prends pour point de départ de cette enquête philosophique sur notre rapport à Autrui située dans des cultures et des langues extra-européennes, mais ce lieu partagé.
Indianiste, sans renier mon identité européenne, je place le monde indien à l'horizon de mon enquête philosophique et l'histoire naturelle indigène formulée en sanskrit ou dans les langues vernaculaires de l'Inde, c'est-à-dire les spéculations locales sur les différents règnes de la nature — en particulier les végétaux et les animaux — et tout un ensemble de conceptions et de pratiques qui, à l’époque contemporaine, ont un écho en Occident.