Du langage à l'action

vyavahāra
Toute espèce de «commerce» [économique, diplomatique ou langagier] entre les hommes →
«pratique courante, convention sociale, vérité empirique»

Dans son acception la plus générale, le terme vyavahâra désigne l'ensemble des conceptions sur lesquelles reposent les rapports sociaux, et au premier chef la convention linguistique qui associe tel signifiant à tel signifié. La conclusion d'une affaire commerciale, le règlement d'un litige devant un tribunal, la signature d'un pacte diplomatique sont autant d'exemples de vyavahâra, en ce sens que toutes ces transactions sont rendues possibles par le fait que les parties en présence conviennent de se plier à certaines règles du jeu. Par extension, on appellera vyavahâra — notamment dans le Vedânta — l'ensemble des pratiques intersubjectivesfondées sur les moyens de connaissance «mondains» — perception et inférence. Il s'agit d'une vérité objective, vérifiable et reconnue par tous mais qui demeure simplement empirique. En ce sens, elle s'oppose à la fois à ce qu'elle dépasse — l'erreur ou l'illusion des sens — et à ce qui la dépasse elle-même, la vérité suprême (paramârthika), méta-empirique, de la non-dualité. (Michel Hulin)

vyāvahārika
«Qui relève de la pratique intersubjective (vyavahâra), vrai de manière [seulement] empirique»

Sylvain Auroux (Volume dirigé par), Encyclopédie Philosophique Universelle, II — Les Notions philosophiques, Tome 2, Pensées asiatiques, Paris, PUF, 1990, p. 2932.


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