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Le corps humain, les parfums, les épices
Dans notre enquête sur les réalités de la médecine (lieux du corps et maladies) et de la pharmacie (parfums et remèdes), les règnes de la nature (la botanique, les eaux et la météorologie) et les pratiques, les soins et les gestes (dans la vie quotidienne autant que dans les situations de spectacle), nous ne nous contenterons pas de descriptions ni d'érudition. Nous sommes en quête d'une perspective critique, par rapport aux conceptions occidentales. C'est ce que j'ai voulu indiquer en déployant cette enquête sur cinq axes:
qui, croisés les uns avec les autres nous conduiront de la médecine aux arts vivants comme le théâtre et la danse, et des savoirs traditionnels aux grandes questions juridiques et politiques de notre temps. Enjeux critiques et politiques des recherches sur le corps Cette recherche n’est indifférente ni 1°) aux critiques qui sont susceptibles de nous être adressées sur notre orientation philosophique (par les promoteurs des postcolonial studies en particulier lorsqu’ils s’attaquent aux «orientalistes»), ni 2°) aux dangers politiques d’une recherche sur les représentations du corps humain (c’est la question du biopouvoir et du gouvernement des corps comme disait Michel Foucault; voir Gyan Prakash, dans l’ouvrage recensé ci-dessous), ni 3°) aux tentations d’irrationalisme enfin (c’est la compromission avec les médecines douces). Rationalistes? Nous nous efforçons de le devenir! Nous prendrons soin d’éclairer et justifier les rapports qu’entretiennent aujourd’hui avec l’Inde et «l’Orient» des anthropologues ou des philosophes situant leur travail dans le cadre d’une langue (le sanskrit et le malayalam pour ce qui nous concerne, d’autres langues indiennes mais aussi le chinois pour d'autres chercheurs), d’une philologie (l’étude des textes et des traditions savantes dans la langue considérée) et d’une aire culturelle «orientales». Eléments de Bibliographie Pistes de lecture sur deux axes, 1°) l’orientalisme (Inde, Chine)
7 novembre 2006 Le Corps humain en cinq dimensions Dans notre enquête sur les réalités de la médecine (lieux du corps et maladies) et de la pharmacie (parfums et remèdes), les règnes de la nature (la botanique, les eaux et la météorologie) et les pratiques, les soins et les gestes (dans la vie quotidienne autant que dans les situations de spectacle), nous ne nous contenterons pas de descriptions ni d'érudition. Nous sommes en quête d'une perspective critique, par rapport aux conceptions occidentales. 14 novembre 2006 Kâmasûtra. Une cosmologie des parfums Ce cycle de séminaires est centré sur des lectures du Kâmasûtra, au croisement de la médecine et des arts vivants, des représentations du corps humain et des savoirs du milieu de vie. C'est un texte extraordinairement complexe et difficile à lire tant du point de vue du style que dans son contenu ethnographique. Comment l'aborder autrement que par les idées reçues, l'exotisme et le sensationnalisme? L'une des approches possibles est celle de l'ethnoscience. Je veux dire: la botanique et la pharmacie traditionnelles qui sont mobilisées à tous les instants. Dans ce séminaire de première découverte, il nous faudra d'abord présenter l'œuvre de Vâtsyayâna dans son ensemble et donner un avant-goût de l'ethno-anthropologie des émotions qu'il constitue. Puis je prendrai un exemple pointu, très érudit, à partir duquel on peut entrer dans cette cosmologie des parfums par une lecture philologiquement bien armée et ethnographiquement perspicace. J'ouvrirai donc le dossier des savons, des plantes saponifiantes et de la savonnerie… au service du dandy, en tirant parti d'un merveilleux article publié jadis par P. K. Gode: “Some notes on the history of soap-nuts, soap and washermen in India — Between B.C. 300 and A.D. 1900”. On trouvera la référence complète à l'article de P. K. Gode sur la page Bibliographie ci-dessous; scanné et placé dans l'espace Documents de la liste de diffusion corps-parfums-epices.
21 novembre 2006 Des humeurs au théâtre La dramaturgie dans l'Inde classique est fondée, comme la médecine et la rhétorique, sur la théorie des humeurs qui est partout présente dans les traditions savantes comme dans la vie quotidienne. Les représentations indiennes du corps humain, subordonnées à cet humorisme, diffèrent des nôtres sur au moins deux points:
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Compléments et documents à l'appui:
28 novembre 2006 Premiers résultats d'une recherche en cours sur l'unité du champ d'investigation autour du Corps humain que constitue le triangle Erotique, Médecine et Politique. Le point de départ et le fil conducteur de mon enquête est de nature stylistique, et je m'inspire des notations éparses mais perspicaces de Louis Renou dans des études vieilles d'un demi-siècle mais non encore égalées. Premières lectures dans Louis Renou:
Voir aussi:
5 décembre 2006 Un tel sujet de recherche présente un risque ethnographique qui est de sombrer dans l'océan des matières et des pratiques observables. Nous recherchons un fil conducteur et notre enquête doit conduire à une vision structurée des rapports entre les différentes fonctions vitales mobilisées par la parfumerie: les organes des sens, l'alimentation et les soins du corps. En Asie du sud, la théorie des humeurs enseignée dans les traités de médecine et d'arts vivants me paraît être le point de départ légitime de toute recherche sur les parfums. J'invoque dans ce séminaire le Curcuma — l'ubiquité, la royauté du Curcuma, turmeric ou Safran des Indes — comme un exemple emblématique, puisqu'il est en position centrale dans la matière médicale, dans l'alimentation et l'art culinaire et dans la parfumerie stricto sensu autant que dans les pratiques rituelles hindoues. Ce n'est pas cependant l'exemple le mieux documenté. Je dois me contenter de quelques références et recourir à une palette beaucoup plus large de parfums de plantes ou d'épices, pour illustrer mon propos.
Premiers documents à l'appui disponibles sur la base de données:
12 décembre 2006 Le champ sémantique du mot épices recouvre en partie ceux des mots épicerie, droguerie, apothicaire et espèce [biologique]. C'est là le résultat d'une histoire du commerce et de la pharmacie.
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19 décembre 2006 Le goût et l'odorat selon les philosophes Cette cosmologie du corps, des parfums et des épices à laquelle je m'attache est construite sur un socle d'idées et de spéculations philosophiques et théologiques. Je prends ce socle pour objet en me limitant aux deux organes des sens qui sont plus particulièrement mobilisés par les parfums et les épices. Je cherche à décrire les conceptions philosophiques sur lesquelles est construite la physiologie des humeurs. Il me semble que les structures de la sensorialité et de la sensibilité humorales sont plus particulièrement analysées dans les textes sanskrits relevant de la tradition philosophique du Sâmkhya et du Yoga. A titre propédeutique et pour partir des rudiments, je m'en tiendrai à quelques citations prises dans cette tradition, qui ne m'intéresse pas en elle-même, mais seulement comme cadre d'une enquête préliminaire sur le goût et l'odorat. Je partirai de la liste stéréotypée et close des 25 principes (tattva) constitutifs du réel, au sein de laquelle je situerai rasana, «le goût», et ghrâna, «l'odorat». Compléments et documents à l'appui:
(Vacances de Noël) Séminaire annulé le 9 janvier 2007; mission au Kerala du 4 au 15 janvier 2007 16 janvier 2007 Le Kuttanad, Travancore central, au sud du lac Vembanad. La réalité sentie à travers la fiction contemporaine en langue malayalam. Une page choisie dans Kayar sur les parfums et les épices. Documents à l'appui sur le site Viva Voce et le site Kerala From Afar. 23 janvier 2007 Manas (sens intime) et indriya (organes sensorimoteurs) Petite leçon de psychophysiologie ayurvédique, qui constitue le socle philosophique de cette biocénose croisant le corps, les parfums et les épices. D'un côté les «lieux du corps» (comme on disait chez nous du temps de Galien) et les parties du corps — en l'absence d'un véritable concept d'organe — sont intégrés dans la circulation des fluides vitaux qui constitue la physiologie humorale. Et de l'autre les émotions et les «passions de l'âme» (concept que j'emprunte au Galénisme et au Stoïcisme pour éclairer la doctrine ayurvédique) se fondent dans la notion d'une trajectoire des maladies qui par sympathie s'engendrent les unes les autres. Explication de texte dans la Carakasamhitâ, Vimânasthâna, I, VI, 5-8. Il y a donc simultanément, mais en deux registres différents, une circulation (des «humeurs», dosa) et une dialectique (des «deutéropathies», anubandha): 1°) Dans un premier registre, la physiologie est une circulation et une combinaison des humeurs (les fluides vitaux); et 2°) dans un autre registre, la pathologie est circulaire en ce que les maladies sont des deutéropathies les unes des autres. C'est dans ce cadre qu'on explique comment naissent le plaisir et la douleur, le bonheur et la souffrance, la santé et la maladie. Explication de texte dans la Carakasamhitâ, Sârîrasthâna, I, 33, 130 et 131. 30 janvier 2007 Différents niveaux de réalité dans l'ethnobiologie hindoue La toute-puissance de la théorie humorale dans les savoirs indigènes n'implique nullement l'absence d'une hiérarchie entre les différents règnes de la Nature ou les différents registres de la Vie. Je m'efforcerai d'expliquer comment le transactionnalisme (la circulation des fluides vitaux) s'articule à une structure feuilletée et hiérarchisée (les cinq éléments du monde physique ou les sept tissus du corps vivant sont hiérarchisés). 6 février 2007 Le modèle végétal Retour sur notre rapport aux arbres, aux simples et aux épices du jardin. Je rechercherai des parallèles dans la culture européenne et ce que l'on appelle chez nous «le sentiment de la Nature», et cette approche comparative fera la transition vers la thématique du second semestre. 13 février 2007 Nonmalevolence and the human body. Approaches to Ayurveda Mise au point d'une conférence pour Gawahati (2 mars 2007), en guise de conclusion du cycle de séminaires du premier semestre. Fin du premier semestre Le séminaire se poursuit au second semestre 2007 en un nouveau cycle intitulé
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