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Louis Renou, la référence à des Maîtres
“Sur la forme de quelque textes sanskrits.— 3. Le Kautilîya”

Extraits d'une étude de Renou sur les liens stylistiques entre Arthasâstra et Kâmasûtra.

Journal Asiatique, Année 1961, p. 190; Choix d'études indiennes, II, p. 546:

§7.— Resterait à parler du phénomène le plus intéressant qu'ait à offrir le Kau. sur le plan formel, à savoir la référence à des Maîtres (âcâryâh, plus vaguement encore “eke”) ou à des désignations plus précises, celles-ci tantôt collectives (noms d'Ecoles, tirés du nom du fondateur), tantôt individuelles.

La présence de ces noms, dans le cadre de débats érudits, n'est pas un fait isolé. Elle s'insère dans le vaste mouvement qu'on voit poindre dès le Satapatha Br. et qui oriente vers la controverse tant d'auteurs savants, voire, qui fournit à leurs ouvrages leur base même et pour ainsi dire leur aliment. Sans doute, le plus souvent, la controverse demeure anonyme; l'objection se signale seulement par “ced” (“si l'on arguë à l'encontre que…”) “na” étant la réponse invariable (“l'objection ne tient pas”), suivie d'une brève justification. Mais enfin des tenants d'opinion, soit nominatifs, soit génériques, sont aussi mentionnés çà et là. On trouve ainsi dans les sûtra de l'une et l'autre Mîmâmsâ des suites d'opinions ébauchant une controverse, qui sont assignées à des docteurs parmi lesquels figurent Jaimini ou Bâdarâyana, tout comme le nom de Kautilya figure dans les controverses du Kau.

Ici, comme souvent, le Kâmasûtra se situe au plus près du Kau., ayant comme ce dernier des séquences à noms individuels, noms d'Ecoles, désignations collectives de “Maîtres”; et de même que le “iti Kautilyah” clôt invariablement la controverse du Kau., donnant pour ainsi dire le siddhânta ou point final, le “iti Vâtsyâyanah” achève les débats du Kâmasûtra.