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Curcuma (Turmeric)

Sanskrit haridrâ et kunkuma
Tamoul et Malayalam manjal, plus exactement transcrit maññaḷ

Dans son Livre des merveilles, Marco Polo rapporte que le curcuma, rhizome de la famille du gingembre, «ressemble au safran». C'est la plus ancienne comparaison connue. Mais dans Curcuma longa on utilise le rhizome (frais ou en poudre), tandis que pour obtenir le safran on doit éplucher (émonder) la fleur de Crocus sativus pour en prélever les trois stigmates. Ce sont donc deux produits biologiquement et techniquement différents.

(Dictionnaire de Littré)

CURCUMA Terme de botanique. Plante dont la racine est appelée dans le commerce safran des Indes et curcuma, dite terre-mérite [turmeric], quand elle est réduite en poudre, et donnant une matière colorante jaune que les alcalis changent en rouge de sang et qui devient par là un réactif chimique.

ÉTYM. Arabe, courcoum, qui vient du sanskrit kunkuma, safran. On le trouve écrit aussi culcuma.

 

Le Curcuma, ou qu'est-ce que la parfumerie pour un anthropologue?

 

Un tel sujet de recherche présente un risque ethnographique qui est de sombrer dans l'océan des matières et des pratiques observables. Nous recherchons un fil conducteur et notre enquête doit conduire à une vision structurée des rapports entre les différentes fonctions vitales mobilisées par la parfumerie: les organes des sens, l'alimentation et les soins du corps. En Asie du sud, la théorie des humeurs enseignée dans les traités de médecine et d'arts vivants me paraît être le point de départ légitime de toute recherche sur les parfums.

J'invoque dans ce séminaire le Curcuma — l'ubiquité, la royauté du Curcuma, turmeric ou Safran des Indes — comme un exemple emblématique, puisqu'il est en position centrale dans la matière médicale, dans l'alimentation et l'art culinaire et dans la parfumerie stricto sensu autant que dans les pratiques rituelles hindoues. Ce n'est pas cependant l'exemple le mieux documenté. Je dois me contenter de quelques références et recourir à une palette beaucoup plus large de parfums de plantes ou d'épices, pour illustrer mon propos.

 

(Eléments de bibliographie)

Françoise Aubaile-Sallenave, “Les parfums et les hommes”, dans Parfums de plantes, Catalogue d'exposition, Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, Décembre 1987-Juin 1988, pp. 26-31.

P. K. Gode, Studies in Indian Cultural History, Volume I, Hoshiarpur, Vishveshvaranand Institute Indological Series–9, 1961. Fondamental pour l'histoire du gandhasâstra.

khare_annambrahman.pdf R. S. Khare, “Annambrahman: Cultural Models, Meanings, and Aesthetics of Hindu Food,” in R. S. Khare (Edited by), The Eternal Food. Gastronomic Ideas and Experiences of Hindus and Buddhists, Albany, SUNY Press, 1992, pp. 201-220.

fz_foret_royaume.pdf Francis Zimmermann, Le Discours des remèdes au pays des épices. Enquête sur la médecine hindoue, Paris, Payot, 1989, Chapitre premier, pp. 25–48.

(à suivre)